Au Niger, le paludisme reste l’une des principales menaces pour la santé des populations. Pour y faire face, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), avec l’appui de ses partenaires, a fait le choix d’une approche simple mais efficace : aller observer, sur site, comment les soins sont réellement prodigués. Cette approche, appelée OTSS+, vise à identifier les écarts de qualité des soins et à y remédier sans attendre, dans les formations sanitaires les plus proches des populations. Bluesquare y intervient comme partenaire technique du PNLP, dans le cadre du projet Advancing Health and Malaria Services (AHMS).
Concrètement, des superviseurs se rendent dans les centres de santé pour observer directement les prestataires en action : la façon dont un patient est accueilli, la réalisation du test de diagnostic rapide (TDR), la prise en charge du paludisme simple, ou encore le suivi du paludisme chez la femme enceinte. L’objectif n’est pas de sanctionner, mais d’accompagner en identifiant les écarts et en y remédiant sans attendre.
Les chiffres donnent la mesure de l’effort déployé : entre le 28 novembre et le 20 décembre 2024, cette supervision a permis de réaliser plus de 2 100 observations dans 70 formations sanitaires, réparties sur 20 districts et 7 régions du pays (source : Rapport consolidé de supervision OTSS, PNLP, juillet 2026). Il s’agit d’une activité périodique, réalisée trois à quatre fois par an selon les disponibilités des acteurs ; la dernière en date a été réalisée en juillet 2026.

Pour rendre cette supervision à la fois rigoureuse et pratique, les équipes s’appuient sur une application mobile : HNQIS (Health Network Quality Improvement System). Elle s’organise autour de quatre grandes étapes, pensées comme un cycle continu :
Autre atout de taille : l’outil fonctionne hors connexion. Les données collectées sur le terrain, même dans les zones les plus reculées, sont ensuite synchronisées vers la plateforme centrale DHIS2, où elles nourrissent l’analyse et la décision à l’échelle nationale.
Cette dynamique s’inscrit dans la mise en œuvre du projet AHMS, financé par les États-Unis et piloté par Palladium, qui vise entre autres à renforcer la supervision formative et la qualité des soins au Niger. Bluesquare y intervient comme partenaire technique, aux côtés du PNLP.
Concrètement, notre équipe appuie :
Mais notre rôle ne s’arrête pas à la technique. Bluesquare accompagne aussi la formation des équipes à l’utilisation de HNQIS, ainsi que l’analyse des données et la prise de décision qui en découle. Car une donnée bien collectée n’a de valeur que si elle se traduit, ensuite, en action concrète sur le terrain.
En analysant les résultats de 7 districts de la région de Tahoua, les équipes ont pu dresser un état des lieux précis de la qualité de la prise en charge du paludisme (Données OTSS, décembre 2024).
L’accès aux documents de gestion fonctionne bien partout, avec un taux régional de 97,6 % et des scores locaux qui dépassent tous les 93 %. La disponibilité du matériel technique suit la même tendance, avec une moyenne de 94 %.
C’est ici que les écarts sont les plus marqués. Si les districts de Konni (88,9 %) et de Bouza/Keita (80 %) affichent de bons résultats, celui de Bagaroua ressort avec un score préoccupant de seulement 14,3 %, suivi de Tahoua à 33,3 %.
Bagaroua se distingue positivement ici, avec un score de 91,8 %. À l’inverse, Konni (49,2 %) et Madaoua (52,4 %) restent en dessous de la moyenne régionale (62,7 %), un signal qui appelle un accompagnement renforcé sur le reporting.
La disponibilité des médicaments et des intrants essentiels reste correcte dans l’ensemble, avec des taux compris majoritairement entre 70 % et 85 %.
La chaîne logistique tient globalement la route. La priorité, désormais, se porte sur deux fronts : renforcer les compétences des prestataires, en particulier à Bagaroua et à Tahoua, et fiabiliser le reporting sanitaire dans les districts de Konni et Madaoua.
C’est précisément la force de l’approche OTSS+ : transformer chaque visite de supervision en un pas de plus vers des soins de meilleure qualité, dans les formations sanitaires les plus proches des populations.